La Permaculture

Nos engagements

Les quatre grands principes de la permaculture
Ne pas cultiver

200807_1378 (Large) - copieLe premier principe est de ne pas cultiver, c’est-à-dire ne pas labourer ou retourner la terre. Pendant des siècles les agriculteurs ont tenu pour établi que la charrue était essentielle pour faire venir des récoltes. Cependant, ne pas cultiver est le fondement de l’agriculture sauvage. La terre se cultive elle-même, naturellement, par la pénétration des racines des plantes et l’activité des microorganismes, des petits animaux et des vers de terre.

Quand le sol est cultivé on change l’environnement naturel au point de le rendre méconnaissable. Les répercussions de tels actes ont donné des cauchemars à des générations innombrables d’agriculteurs. Par exemple quand on soumet à la charrue un territoire naturel, de très solides mauvaises herbes, telles que le chiendent, arrivent parfois à dominer la végétation. Quand ces mauvaises herbes s’installent, l’agriculteur est confronté à une tâche presque impossible, le désherbage annuel. Très souvent la terre est abandonnée.

Quand on est confronté à de tels problèmes, la seule solution de bon sens est de cesser en premier lieu les pratiques contre-nature qui ont amené cette situation. L’agriculteur a aussi la responsabilité de réparer les dommages qu’il a causés. Le labour du sol devrait être arrêté. Si des mesures douces, comme de répandre de la paille, sont pratiquées, au lieu d’utiliser des machines et des produits chimiques fabriqués par l’homme pour faire une guerre d’anéantissement, l’environnement reviendra alors à son équilibre naturel et même les mauvaises herbes gênantes pourront être contrôlées.

Ne pas utiliser de fertilisants

Le second principe est de ne pas utiliser de fertilisant chimique ou de compost préparé. Pour fertiliser, il vaut mieux faire pousser une légumineuse en couverture du sol et remettre la paille battue sur les champs. Les hommes brutalisent la nature et malgré leurs efforts ils ne peuvent pas guérir les blessures qu’ils causent. Leurs pratiques agricoles insouciantes vident le sol de ses aliments essentiels et l’épuisement annuel de la terre en est la conséquence.

Laissé à lui-même, le sol entretient naturellement sa fertilité, en accord avec le cycle ordonné de la vie des plantes et des animaux. (Si la nature est livrée à elle-même la fertilité augmente.)

Les débris organiques animaux et végétaux s’accumulent et sont décomposés par les bactéries et les champignons à la surface du sol. Avec l’écoulement de l’eau de pluie les substances nutritives sont entraînées profondément dans le sol pour devenir nourriture des microorganismes, des vers de terre et autres petits animaux. Les racines des plantes atteignent les couches du sol plus profondes et ramènent les substances nutritives à la surface. Si vous voulez avoir une idée de la fertilité naturelle de la terre, allez un jour vous promener sur le versant sauvage de la montagne et regardez les arbres géants qui poussent sans engrais et sans être cultivés. La fertilité de la nature dépasse ce que l’on peut imaginer. A l’inverse, si l’on rase la couverture forestière naturelle et que l’on plante des espèces exotiques pendant quelques générations, le sol s’épuisera et s’ouvrira à l’érosion.

Pour faire pousser les récoltes également, on peut arrêter d’utiliser des fertilisants préparés. Dans la plupart des cas une couverture permanente d’engrais vert et le retour de toute la paille sur le sol seront suffisants. (Pour fournir de l’engrais animal qui aide à décomposer la paille, on peut laisser les canards aller en liberté dans les champs).

En utilisant cette méthode, on peut obtenir de hauts rendements sans ajouter de compost ni de fertilisant du commerce.

Ne pas désherber

Le troisième est de ne pas désherber, ni mécaniquement, ni avec des herbicides. Les mauvaises herbes jouent leur rôle dans la construction de la fertilité du sol et dans l’équilibre de la communauté biologique. Les mauvaises herbes doivent être contrôlées, non éliminées.

L’habituelle voie d’action sur les mauvaises herbes est de labourer le sol. Mais lorsque l’on laboure, les graines enfouies profondément dans le sol qui n’auraient jamais germé autrement, sont remontées à la surface et elles ont alors une chance de germer. De plus, dans ces conditions, nous donnons l’avantage aux variétés à germination et croissance rapides. Ainsi pourrions-nous dire que l’agriculteur qui essaye de contrôler les mauvaises herbes par la culture du sol, sème littéralement les graines de sa propre infortune.

Dès qu’on arrête de labourer, la quantité de mauvaises herbes décroît nettement.

En calculant les semis de sorte qu’il n’y ait pas d’intervalle entre la succession des cultures on donne aux graines semées un sérieux avantage sur les mauvaises herbes. Si l’on recouvre entièrement le champ de paille juste après la moisson, on coupe court momentanément à la germination des mauvaises herbes. La couverture du sol doit cependant être permanente.

Eparpiller la paille maintient la structure du sol et enrichit la terre au point que le fertilisant préparé devient inutile. Ceci est lié bien entendu au fait de ne pas labourer. De ce fait, la qualité du sol s’améliore à chaque saison. Ce résultat est en grande partie dû au fait de retourner au sol tout ce qui a poussé dans le champ sauf le grain.

II n’est pas nécessaire de préparer de compost. Si on laisse la paille étendue à la surface du champ, en six mois elle se décomposera complètement.

Ne pas dépendre des produits chimiques

Le quatrième est de ne pas dépendre des produits chimiques. Depuis le temps que les plantes « faibles » se sont développées, conséquence de pratiques contre nature telles que la séléction et la fertilisation, la maladie et le déséquilibre des insectes sont devenus un grand problème en agriculture. La nature, laissée seule, est en parfait équilibre. Les insectes nuisibles et les maladies des plantes sont toujours présents, mais n’atteignent pas, dans la nature, une importance qui nécessite l’utilisation de poisons chimiques. L’approche intelligente du contrôle des maladies et des insectes est de faire pousser des récoltes vigoureuses dans un environnement sain.

Il faut dire qu’il y a encore des personnes qui pensent que si elles n’utilisent pas de produits chimiques leurs arbres fruitiers et leurs champs de céréales vont dépérir sous leurs yeux. En réalité c’est en utilisant ces produits chimiques que les gens ont préparé à leur insu les conditions par lesquelles cette peur non fondée peut devenir réalité.

Les quatre principes de l’agriculture sauvage – (ne pas cultiver, pas d’engrais chimiques ni de compost préparé, pas de désherbage par labour ni herbicide et pas de dépendance chimique)- obéissent à l’ordre naturel et conduisent au réapprovisionnement de la richesse naturelle.

De ces quatre grands principes découlent ensuite des techniques et des approches à privilégier lors de la création d’un jardin en permaculture :

  • Il faut intégrer plutôt que séparer en mettant les bons éléments aux bons endroits, des relations se développent entre ces éléments et ils travaillent ensemble pour s’entraider, ainsi le système s’autorégulera. C’est pourquoi il faut privilégier la polyculture et la diversité des espèces.
  • Chaque élément doit remplir plusieurs fonctions (Une mare peut servir de récupération et de stockage d’eau, à produire des poissons et des plantes, à stocker la chaleur, à réfléchir la lumière du soleil, à fournir une protection aux canards …) et chaque fonction est assurée par plusieurs éléments (La redondance est un gage de stabilité du système).
  • Les ressources naturelles doivent être bien utilisées et recyclées. Les ressources d’origine industrielle consomment de l’énergie pour leur élaboration ou transport, et peuvent poser des problèmes de pollution. Les ressources naturelles et locales augmentent l’indépendance tout en diminuant la facture écologique et énergétique. On peut par exemple utiliser des animaux à la place des tracteurs, du compost plutôt que des engrais chimique, et plus généralement le soleil à la place des énergies fossiles.
  • La permaculture privilégie également le « recyclage » de l’énergie, de l’eau et des nutriments sur le site, pour préserver sa fertilité. En trouvant une valeur à chaque ressource disponible et en les utilisant toutes, rien n’est un déchet. Durant chaque cycle, la récupération, le stockage et l’utilisation maximale sont encouragés. Par exemple l’eau sera récupérée en altitude pour pouvoir la conduire par gravitation et l’utiliser dans des endroits en aval.
  • Il faut intercepter et stocker l’énergie en développant des systèmes qui collectent les ressources quand elles sont abondantes et que nous pouvons utiliser à besoin.

Conclusion

La permaculture c’est :

  • travailler avec la nature plutôt que contre elle.
  • développer son potentiel créatif (buttes)
  • se créer une culture sur mesure dans le respect de l’environnement et des autres cultures
  • remplacer le travail humain par celui de l’écosystème
  • des techniques à combiner : culture sur buttes, agriculture biologique…

La conception d’un jardin en permaculture aboutira à la création d’un système autorégulé.